Le Voyage Mirobolant

- L'histoire

- La thématique

- La pratique

- Les images

- Précisions techniques

- Ils en ont dit...

 

L'histoire

Il y a bien longtemps, le monde brillait de mille couleurs. Un jour, pour une raison

inconnue de tous, ce bel équilibre fut rompu. La méfiance s’installa, les couleurs

s'isolèrent les unes des autres dans des pays séparés et le monde devint triste.

Dans une ville grise, pleine de bruit et de fumée, vit Sophie. C'est une petite fille

volontaire qui refuse la grisaille et l'ennui. Elle profite de sa rencontre avec Saphir,

oiseau migrateur multicolore que l'on chasse de partout, pour lui demander de

l'emmener de par le monde afin de convaincre les couleurs de se réconcilier,

espérant ainsi réconforter son ami Martin gagné par la morosité. Juchée sur le

dos de Saphir, Sophie arrive au pays rouge où Briquet et Briquette passent leur

temps à se chamailler, pressés qu'ils sont à construire un grand mur qui doit

les protéger des autres couleurs. A la requête de Sophie qui leur demande un

peu de rouge, ils répondent en la chassant frénétiquement. Dans le pays bleu,

la reine Siréna exige le silence au fond de l'océan pour que son peuple de rêveurs

ne soit découvert par les autres couleurs. Sophie lui ayant demandé un peu de

bleu, Siréna prend peur et appelle Poulpe pour qu'il l'attrape. Sophie s'échappe

et parvient au pays jaune où les bongos, petits danseurs trépidants, lui présentent

Hélios, le roi soleil, qui se moque de "toutes ces teintes ridicules qui ne sont pas

jaunes" et refuse le mélange des couleurs. Partout, Sophie et Saphir se heurtent à

l'intransigeance et à l'incompréhension de ces mondes étranges qu'ils traversent,

chaque couleur refusant de se mélanger aux autres. Mais un événement imprévu les

obligera à s'entraider car, tenace, Sophie finira par leur prouver qu'il est plus sage

et salutaire de mettre en commun leurs atouts. Ainsi, Sophie ramène les

couleurs en ville, rendant son sourire à Martin.

 

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Les thèmes abordés:

C'est à une sorte de fable initiatique à laquelle " Le Voyage Mirobolant " convie

le jeune public, développant les thèmes de la peur et de l'incompréhension, des

méfiances et moqueries, de toutes ces attitudes que les différences provoquent

et que la tolérance peut transfigurer en chef d'œuvre comme le peintre le ferait

avec sa palette. La thématique des couleurs nous a semblé le décor idéal pour

illustrer notre propos. A chaque couleur nous avons appliqué des traits de

caractère dont la correspondance est induite par une relation culturelle que nous

avons avec ces couleurs . Au rouge correspond la colère, l'énervement, le travail

et l'agressivité, au bleu la rêverie, le secret et le silence,au jaune la joie, le rire,

l'orgueil et la désinvolture. Chacun de nous passe successivement par chacun

de ces sentiments et l'équilibre de l'homme passe par une acceptation de sa

propre multiplicité et celle de l'autre en évitant les écueils du replis sur soi, de

l'intolérance et de la caricature. La nature elle-même nous donne l'exemple

dans sa diversité et son élan de l'unique vers le multiple en une arborescence

de formes de vie. Cette évolution exogène nous montre que les apports

extérieurs, loin de freiner l'humanité, la renforcent et l'enrichissent.

 

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La pratique:

La lumière et le son ont un langage commun. L'ombre étant le silence de la lumière,

la couleur en étant la tonalité (la clé ?), nous travaillons sur l'étroite relation qui unit

l'ombre et la musique. Le théâtre d'ombre ayant toujours son pendant musical dans

les formes les plus traditionnelles, nous y ajoutons une dimension " sonoplastique " par

l'utilisation du bruitage en direct. Jean-Pierre Schall alterne interventions musicales

(guitare, contrebasse, flûte et percussions) avec des bruits musicalisés (cliquetis de vélo,

bruits d'eau en bulles ou gouttes, sifflets divers, appeaux, grincements divers etc.).

Loin de se contenter d'accompagner, il met en perspective et souligne ou détourne.

De l'illustration style dessin animé, les sons glissent vers un langage propre qui participe

au discours même du spectacle. Le cinéma muet en son temps, outre l'inévitable pianiste

de service utilisait souvent l'intervention d'un batteur et bruiteur qui ponctuait de manière

souvent fantaisiste l'action sur l'écran. Le cinéma, de nos jours, continue à utiliser le

bruitage pour renforcer l'effet des images par des sons qui, souvent, n'ont rien à

voir avec le son d'origine mais, déformés et amplifiés, sont utilisés pour démultiplier

l'impact des images, lui donnant une musicalité et une intensité qu'elles n'auraient

souvent pas sans cet apport. Le fait de réaliser les bruitages en direct et à vue

donne à voir (et à entendre) au public un spectacle dans le spectacle, ne sachant

pas lequel de l'image ou du son est à l'origine de l'autre.

Lors de la création du spectacle, il a semblé évident à Anne Amoros de s'inspirer

(librement) de l'univers du peintre catalan pour la réalisation des personnages et

des écrans-décors. Son œuvre alliant le mystère des arts dits primitifs aux dessins

d'enfant, des couleurs fortes (très souvent le bleu, rouge, jaune, vert et noir) sur

des fonds souvent monochromes, des formes géométriques étranges et à l'aspect

distordues et déformées nous emmène dans un monde où l'humour, l'angoisse

côtoient la fantaisie et le rêve. Un monde où l'œil frôle l'hallucination (Miró s'est

forcé à de longue périodes de veille pour susciter des visions de cet ordre) et où

l'esprit perçoit l'écho de l'inconscient. Les enfants sont très sensibles à cet univers,

proche du leur où rêve et réalité, peur et plaisir se mélangent. Ils sont intrigués par

ces formes et couleurs qui semble leur parler dans une langue que les adultes ont

pour la plupart oublié en tentant de dompter et de domestiquer leur inconscient,

dans un soucis d'efficacité. Après avoir déchiré un morceau de papier au contours

irrégulier et déchiqueté Miró nous dit : " Une forme comme celle-ci est capable de

susciter ou d'affermir dans mon esprit une image mentale

qui s'y trouve déjà à l'état latent… ".

 

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Quelques images survolées...

 

 

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Précisions techniques...

- Espace scénique minimum: 5m ouverture, 4m profondeur, 2,80m hauteur

- Jauge maximum: 150

- Age en séances scolaires: 4 à 12 ans

- Obscurité absolue indispensable

- Durée: environ 45 min.

- Montage 3h, démontage 1h30

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